Canon 7 1:0,95 f=50 mm

canon 095 

En 1961, encouragé par le succès de son CANON P, vraiment populaire avec près de 90.000 exemplaires, CANON lance son nouveau modèle, le CANON 7.

Entièrement reconfiguré, son boîtier intègre un posemètre au sélénium avec deux plages de lecture en hautes et basses lumières, qui rend obsolètes les posemètres amovibles inspirés du Leicameter. Son viseur lui aussi est rajeuni grâce à ses cadres à correction automatique de la parallaxe pour les 35, 50, 85, 100 et 135 mm, six ans avant les quatre cadres 35, 50, 90 et 135 mm du Leica M4…. La base du télémètre est également agrandie de 50 %.

Pourquoi une telle augmentation ? Pour assurer une meilleure précision si le nouvel objectif de Canon de 50 mm ouvrant de 0.95 à 16 est monté sur le boîtier. 0.95 en 1961, quand il faudra attendre 1975 pour voir l’objectif Noctilux sortir de chez Leitz avec une ouverture de 1 :1.2, augmentée peu après à 1 : 1.1… Naturellement, la monture du boîtier est modifiée pour accueillir cette nouvelle optique  hors norme, mais elle peut toujours recevoir les objectifs à vis au pas de 39 mm.

Lui aussi, l’obturateur bénéficie d’une cure de jouvence, consistant modestement en l’ajout de la position T. Les possibilités d’amélioration étaient du reste limitées. La gamme de vitesses de 1 seconde au 1/1000ème de s. + B était déjà la norme chez CANON, comme les rideaux métalliques sur la plupart de ses autres télémétriques depuis  1956.

Bien sûr, nul n’est pas parfait, y compris un Canon 7, pourtant toujours aussi opérationnel en 2022 qu’à sa sortie : pour laisser de la place à la fenêtre de lecture du posemètre, les ingénieurs de Canon ont fait l’impasse sur une griffe porte-accessoires. Un défaut qui sera corrigé sur les modèles suivants, les Canon 7s et 7sZ à posemètre CDS. Mais il n’a pas empêché près de 140.000 boîtiers de sortir des chaînes de production de Canon en moins de quatre ans avant l’arrivée de son successeur, le Canon 7s.

Jean-Pierre Vergine